Réminiscence

L'aventure est pendue au cou de son rival
L'amour dont le regard se retrouve ou s'égare
Sur les places des yeux désertes ou peuplées.
Toutes les aventures de la face humaine,
Cris sans échos, signes de mort, temps hors mémoire,
Tant de beaux visages, si beaux
Que les larmes les cachent,
Tant d'yeux aussi sûrs de leur nuit
Que des amants mourant ensemble,
Tant de baisers sous roche et tant d'eau sans nuages,
Apparitions surgies d'absences éternelles,
Tout était digne d'être aimé,
Les trésors sont des murs et leur ombre est aveugle
Et l'amour est au monde pour l'oubli du monde.
Paul Éluard

Défense de savoir

Ils sont partis, mais en ces lieux
ceux qui restent essaient d'en garder une trace.
Cette trace disparaît à son tour,
lavée, raturée par le temps, s'usant sous la surface.
En saisissant le moment où les disparus s'effacent une seconde fois,
il s'agit de retrouver leur image, comprendre leur fragilité,
de les faire revenir à nous.
Et les voilà qui réapparaissent,
bienveillants, tourmentés,
sereins ou inquiétants.
En remontant la ligne du temps,
on se place hors du temps
et on ramène le passé dans l'espace visible, ici-même.
Les sentiments peuvent alors se mêler, les leurs, les nôtres,

dans un dialogue émouvant.

Travail en cours de processus, chaque pièce est unique.